Autoritratto del pittore C. Adolfo Schlatter (1903) - Particolare

L’HISTOIRE DE CASA SCHLATTER ET DE L’ARTISTE CARLO ADOLFO

Arrivée de la famille en Italie
Vers le milieu du XIXe siècle quatre des huit frères Schlatter s’établissent en Italie (ils proviennent d’une vieille famille suisse dont les origines nobles remontent au XIIIe siècle)
Deux frères s’installèrent à Florence, où ils commencèrent un commerce fleurissant de tissus. Un autre s’établit à Gênes comme consul. Enfin Luigi Giorgio fut nommé Consul général de Suisse près du Saint Siège. A Rome il fit plusieurs investissements immobiliers et constitua une banque. Bientôt une série d’évènements contraires s’abattirent sur lui, ruinant son existence. Tout d’abord la banque fut contrainte de fermer après la fuite du caissier avec tout l’argent liquide. Quelques années plus tard, en 1861, avec la prise de Rome par la famille de Savoie, toutes les propriétés furent confiquées par l’Etat Italien contre lequel il intenta inutilement un procès, ce qui eut pour effet de l’affaiblir davantage.
A l’âge de 51 ans, il meurt de causes inconnues, en laissant sa seconde femme Emilie De la Morte, et son fils encore en bas âge, Carlo Adolfo…

Le peintre Carlo Adolfo
….Exactement comme dans un roman, les deux sœurs, Emilie et Matilde De la Morte, s’étaient mariées avec deux frères Schlatter. Ce fut donc très naturel qu’Emilie se réfugie à Florence chez sa soeur dans ces tristes circonstances.
Les deux sœurs d’origine française étaient très belles. Emilie, encore jeune, se rendait régulièrement à pied avec son fils au cimetière des Allori sur la tombe de son mari.
La mère et l’enfant attiraient les regards quand ils parcouraient ensemble le long de l’Arno jusqu’au pont Santa Trinita et se dirigeaiennt ensuite vers le Poggio Imperiale; c’est d’ailleurs sur ce chemin qu’Emilie rencontra son second mari.
Beaucoup d’années plus tard, c’est en faisant le même trajet que Carlo Adolfo rencontra sa compagne, une jeune élève du collège de Poggio Imperiale devant lequel il passait pour se rendre au cimetière des Allori. Emma était la fille du général Onorato Moni qui, plusieurs années auparavant avait conduit le siège de Porta Pia, pendant la prise de Rome. Maintenant, le destin faisait que la vie des deux familles se croisait à nouveau. Pour cet amour à première vue Emma, défiant sa famille, abandonna le collège et se maria contre son avis.

Adolfo se dédia très tôt à l’art. Fasciné par le milieu florentin de ces années entre macchiaioli, décadentisme et symbolisme, il fréquentait le milieux artistique et fut fortement influencé par son compatriote Arnold Böcklin qui résidait lui aussi à Florence. Cette passion pour l’art l’éloigna toujours plus de sa famille et de celle de sa femme.
Celle-ci aurait préféré qu’il ait une autre activité. Grâce à l’argent résulatant de sa part d’héritage, il fit construire la maison de Campo di Marte, endroit qui était alors considéré la campagne. Cette maison au milieu de la nature, comme on le voit sur le tableau avec son autoportrait, fut en fait la première construction de viale dei Mille.

Il y vivait avec Emma, assez simplement, se dédiant totalement à la peinture et à la philosophie car la théosophie et l’art étaient toute sa vie.
Il écrivait et illustrait ses pensées qui furent éditées dans plusieurs publications de l’époque. Contraire au côté commercial de l’ « Art », il vivait des gains provenant de la vente de copies que les antiquaires lui commandaient, ou de dessins d’objets en fer forgé, comme les deux dragons sur le toit, mais jamais de la vente de ses tableaux. Pour cette raison, ces œuvres n’étant pas présentes sur le marché, mais presque toutes conservées encore aujourd’hui par la famille, il est resté pratiquement inconnu.

Dans la famille on se rappelle qu’il arrivait qu’Emma entrouvre la porte du studio et demande « Adolfo, aujourd’hui qu’est-ce que je porte à table? Il n’y a rien à manger. » Il prenait alors un petit tableau et allait le vendre.

Les autres descendants
Beaucoup d’autres histoires se tissent et vivent dans la maison, comme celles de Dina (la femme du fils d’Adolfo) célèbre pour sa beauté, dont même Curzio Malaparte se serait épris. Mais l’heureuse rencontre d’Alfredo Shlatter, qui devint son mari, changea complètement sa vie. Le contact avec la maison, l’atmosphère artistique que l’on y respirait et les nobles souvenirs, la transformèrent de femme du peuple presque analphabète en une autodidacte cultivée, poétesse et sculpteur (ses œuvres sont également conservées dans la maison), fréquentant les salons, et décorée dame des Chevaliers de Malte.

De nos jours
Ainsi à travers les siècles, la maison est arrivée aujourd’hui à Alessandra, l’arrière-petite fille d’Adolfo. Grâce à ses qualités d’antiquaire et de décoratrice, professions qu’elle exerçait auparavant, elle a su en cueillir l’esprit et mener à bien une restauration destinée à la « dépoussiérer » de l’abandon qui y régnait. Elle a ainsi fait revivre cette demeure dans un projet qui donne à tous la possibilité d’y séjourner et d’en connaître l’histoire, en réévaluant l’œuvre de son arrière grand père et en honorant son souvenir.

 

Ritratto del Console Luis Georges Schlatter Ritratto del Generale Onorato Moni
Carlo Adolfo Schlatter Generale Onorato Moni
Alberto Moni salone
Dina Dina
Dina  

camera carlo adolfo
Grande chambre pour quattre personnes, avec un caracteristiqe mezanine.

camera emma
Une chambre romantique, meublée avec élégance et douée d'accès privé au jardin.

camera giardinire
Une chambre intime et tranquille,soignée dans les moindres détails.